De l’autre côté

Par moment, j’ai envie que tout le monde se tienne la main, que tous les humains se disent qu’ils ne sont plus jamais seuls. Je voudrais croire que ce monde se transformera en un plan utopique où la lumière qui en jaillira fera revenir tous ceux que l’on aime.

Ce serait un beau monde, un monde d’harmonie et d’amour… un lieu où l’enfer n’existe pas mais est-ce qu’il y aura toujours ce libre-arbitre actuel ?

Rien n’est parfait, c’est la constance de ce monde.  Je me suis replongée dans mes souvenirs, dans le cocon éclaté familiale en y cherchant une énergie que j’avais déjà connu. Puis, j’y ai vu mon esprit fermé, rongé par la souffrance et la rancœur. D’un coup, j’ai compris que tout cela m’empêchait de voir le présent.

Et puis, un pressentiment quand je l’ai vue. Est-ce que je me trompe ? Est-ce que je délire ? Pourquoi me demande-t-elle pardon aujourd’hui ? Est-ce qu’elle a compris qu’elle a fait ce qu’elle a pu, avec ce qu’elle avait, avec ses propres souffrances ?

Quelque chose qui n’était pas vraiment uni et pourtant, duquel je suis née.

Je voudrais lui parler, je ne sais pas ce que je veux vraiment lui dire. Déjà, quand elle était là, il y a de nombreux mots que j’ai tu, gardé pour moi alors que peut-être… Je ne sais pas, est-ce que j’ai le droit de lui parler ? Qui suis-je, de toute façon, à ses yeux ?

Face à la mort, face à la vie se crée la question du pourquoi, du début et de la fin. On est impuissant face à l’univers, face à toutes ces choses qu’on ne connaît, qu’on ne comprend pas.

Ces questions-là, comme tant de personnes dans le monde, je me les suis posée un milliard de fois. A chaque réponse apparaît une poussière d’étoile qui me raconte que nous naissons dans les pouponnières d’étoiles qu’ils ont observées. Là haut, très loin, dans un temps, un univers qui transcende notre temps. Invisible à nos yeux humains mais transperçant nos cellules. Et la lumière vive emplissait le tout, emplissait le vide qui n’en a jamais été un.

J’ai rêvé d’un monde utopique qui retrouverait ses origines sacrées dans le ventre de la Déesse. Elle n’est ni mort, ni vie. Elle Est. Dans ce monde futur, nous retrouverons nos proches, nos amis, nos âmes sœurs et nous vivrons sur une planète dont l’énergie rayonnante deviendra soleil pour d’autres mondes.

Elle me manque tellement. Je regrette tous ces instants que j’ai passés auprès de cette belle étoile. Je vois le monde qui s’éteint des nombreuses lumières qui, autrefois, l’éclairaient. Je vois le monde qui change et évolue vers un futur précaire. Entre deux chemins, deux rythmes et tout ce métro-boulot-dodo qui nous déconnecte des messages si clairs autour de nous.

Je sombre dans la folie d’une schizophrénie latente, vestige d’une bouffée presque délirante, d’un ressenti plus que réel qu’il existe autre chose, tant de choses qu’on ne voit pas, qu’on n’imagine même pas.

Dans la voix de cette femme, j’ai entendu les mots que l’enfant attendait depuis si longtemps. Les larmes ont coulé, prix de la libération, marque de la souffrance longtemps tût et tellement vécue à chaque instant de cette vie de boulot-métro-dodo…

Peut-être, un jour, qui sait… Ce monde sera le paradis d’une autre planète.

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