Comment sortir d’une addiction ?

Cet article à lui seul ne promets pas que vous allez sortir de votre addiction. Mais, il est là pour vous aider.
Pour arrêter et peu importe que le produit soit de l’alcool, des médicaments ou des drogues. Sauf explication, je ne cite pas de nom de produits pour la simple et bonne raison que peu importe le produit consommé, la machinerie de la dépendance est la même.

C’est l’addiction qui doit être traité. Son fonctionnement.

Cependant, je souhaite apporter des outils pour sortir vraiment d’une addiction.

Je souffre de dépendance. Même si je ne consomme plus aujourd’hui, j’ai vécu l’enfer des drogues dures mais je réussis à m’en sortir.
Aujourd’hui, je souhaite partager avec vous les outils que j’ai mis en place dans ma vie pour ne plus être tourmentée par la consommation de drogues.

Tout le monde peut arriver à rester abstinent. Mais, la première chose à savoir est qu’il est bien plus difficile de maintenir une abstinence que d’arrêter de consommer.

En effet, vivre sans drogues et sans alcool, c’est surtout adopter un nouveau mode de vie dans lequel on ne laisse plus de place au produit.

Ce qui est dommage est que le consommateur oriente tout son être et toute sa vie à consommer. Encore et encore.
C’est une véritable prison.

L’entourage voit cela comme un manque de volonté ou comme de la mauvaise volonté quand ils voient l’un de leurs proches consommer mais il faut vraiment comprendre que la dépendance est une maladie mentale qui est obsessionnelle et compulsive. Mentale parce que l’esprit déraille. Obsessionnelle car le dépendant est obsédé par le produit. Compulsive parce que le comportement et les actes sont tournés uniquement sur la consommation.
Et le dépendant n’arrive à rien faire d’autre qu’à consommer. Il vit pour consommer et il consomme pour vivre.

Telle est la triste réalité d’un dépendant.

Pour ma part, quand je consommais, je vivais une réelle souffrance. Et pourtant, je n’étais pas forcément comprise par mon entourage qui voyait un manque de volonté de ma part.

De la volonté, oui, il en faut. Mais de la bonne volonté. Celle qui nous conduit à poser les bons actes pour s’en sortir et apprendre à vivre avec cette maladie mais en restant abstinent.

Voyons maintenant ce qu’il est possible de faire pour s’en sortir.

Demander de l’aide

La première étape qui est importante est d’abord d’accepter sa dépendance et son impuissance.

Donc, il s’agit d’admettre que l’on a besoin d’aide pour s’en sortir. Seul, on n’y arrive pas. Ou sinon, on aurait arrêté depuis longtemps.

Il est aussi important d’admettre que le produit est le plus fort. Le souci du dépendant est qu’il cherche désespérément à contrôler sa consommation. Mais sans résultat.

Pour un dépendant, il est impossible de gérer sa consommation.

Par exemple, l’alcoolique ne sait pas se contenter d’un ou deux verres d’alcool. Boire socialement est impossible. Non, il lui faudra encore un verre, puis un autre… jusqu’à épuisement. Consommer le jour comme la nuit.

C’est pareil pour le toxicomane.

Donc, il faut retenir que le dépendant ne sait pas contrôler sa consommation.

Demander de l’aide, c’est accepter que l’on n’y arrive pas seul.

Où et comment demander de l’aide ? Il y a

  • les centres de cure et de post-cure.
  • les fraternités comme les Alcooliques Anonymes ou les Narcotiques Anonymes.
  • Un psychothérapeute pour un travail individuel.
  • Avoir un réseau d’amis qui répondent au téléphone pour que vous puissiez vous exprimer au lieu d’aller consommer.

Cependant, il est important d’apprendre à vivre abstinent dans la vie de tous les jours. Et certains éléments que nous allons voir sont importants.

Continuons.

Prendre une décision

C’est quelque chose dont on ne parle pas mais qui est pourtant d’une importance capitale: prendre une bonne fois pour toute une décision.

Avant de faire une cure ou une post-cure par exemple, il est important d’être décidé.

On propose en général au dépendant de faire une balance décisionnelle.

Il suffit de prendre une feuille et de tracer deux colonnes. Dans la première colonne, on écrit les avantages à consommer. Et dans la deuxième colonne, on écrit les inconvénients à consommer.

Vous l’aurez deviné: les inconvénients sont 10 fois plus important que les avantages.
Mais en relisant et en méditant sur cette balance décisionnelle, on va prendre une décision ferme.

Pourquoi est-il important de prendre une décision avant même de rentrer en cure par exemple ? Parce que tant qu’une décision ferme n’aura pas été formulé, on ira consommer de nouveau après la cure.

Il est donc important d’accepter son impuissance devant la dépendance et de prendre la décision de tout faire pour demeurer abstinent.

Un jour à la fois

C’est une clé très importante. Dites à un dépendant qu’il doit arrêter à vie et il va courir consommer. Parce qu’il voudra consommer pour la dernière fois. Donc, il restera emprisonné dans sa dépendance.

Mais choisir de demeurer abstinent pour aujourd’hui seulement permet de se concentrer sur sa journée car à chaque jour suffit sa peine.

Vivre abstinent un jour à la fois permet de se recentrer sur le présent et d’affronter les difficultés qui se présentent dans la journée en demeurant abstinent.

Une journée est trop longue ? Alors, restez abstinent pendant un quart d’heure ou une heure. Puis, quand le temps est passé, renouvelez votre décision de rester abstinent pendant une heure. Et ainsi de suite jusqu’à que l’envie de consommer disparaisse.

Car tout passe. Y compris l’envie de consommer. Elle passe.

Opter pour le changement

Il ne suffit pas simplement d’arrêter consommer pour demeurer abstinent. Demeurer abstinent s’apprend mais une clé très importante pour rester abstinent est le changement.

Il s’agit de tout changer:

  • Couper court avec les fréquentations. Toute personne qui consomme de l’alcool ou des drogues vous empêchera de devenir abstinent et de le rester.
    Même si elles vous promettent de ne pas vous inviter, juste être en contact avec elles est un déclencheur. Vous aurez à coup sur envie de consommer.
    Il s’agit de votre vie qui est en jeu car la consommation conduit à la mort. C’est important de se le rappeler.
  • Les lieux: de nombreux alcooliques évitent les bars où ils buvaient de l’alcool. Les toxicomanes évitent de passer dans les quartiers où ça consomme et où ça deale. Car n’oublions pas que la dépendance est plus forte que le dépendant. Donc, aller dans des lieux où le dépendant consommait ouvrira à coup sûr la porte de la consommation.
  • Changer ses habitudes: vous buvez de l’alcool ? Remplacez l’alcool par un jus de fruit ou une limonade par exemple.
    Changer ses habitudes, c’est opter pour une nouvelle vie dans laquelle le produit n’a plus de place.
    Voyez toutes les habitudes qui vous poussaient à consommer et changez-les.
  • Déménagement: si (comme ça a été mon cas) vous habitez dans une zone à risque parce que vous tombez sur des dépendants qui consomment, déménagez.
    Il vaut mieux faire l’effort de déménager et d’aller dans un quartier où vous sortez en étant serein que de rester dans un quartier où il y a des risques.

Se tenir occupé

Quand un dépendant arrête de consommer, il se retrouve face à de longues journées où il ne sait que faire. Consommer lui prenait tout son temps. Consommer du matin au soir et du soir au matin. Du coup, que faire de tout ce temps qui, par le passé, était rempli que de consommer encore et encore ?

Il faut se tenir occupé autant que possible. Se faire un programme pour la journée et essayer de le respecter du mieux que possible.

Dans l’article  » prendre soin de soi « , je parle comment répondre à ses besoins et surtout apprendre à se cadrer. Je vous conseille de lire cet article car il vous apprendra à prendre soin de vous et explique aussi comment vous cadrer.

Un dépendant ne sait pas se cadrer. C’est la raison pour laquelle les centres de post-cure ont un planning journalier et hebdomadaire pour que le dépendant apprenne à se cadrer.

Pour se tenir occupé, cela commence par retrouver une hygiène de vie: manger, se laver, dormir, faire le ménage et les courses… Cela est évident pour toute personne qui ne consomme pas mais ce n’est pas évident pour le dépendant d’avoir une hygiène de vie vu que la consommation se faisait tout le long de la journée et même tout le long de la nuit.

Il faut commencer par reprendre une hygiène de vie. Ensuite, on remplit ses journées par des activités. Pourquoi ne pas aller dans un centre qui propose une grille d’activité ?

On peut faire:

  • Du sport
  • Se balader en forêt
  • Ecrire en participant à un atelier d’écriture
  • Faire du vélo
  • Tricoter
  • Broder
  • Colorier des mandala
  • Visiter des musées
  • Aller au cinéma
  • Cuisiner en apprenant de nouvelles recettes
  • Faire du pc
  • Jouer à des jeux
  • Faire du théâtre
  • Voyager, ne fut-ce qu’un weekend
  • etc…

C’est au dépendant de trouver les activités qui lui plaisent et de remplir son temps avec ces activités.

Que ce soit à l’hôpital ou dans des centres de cure, on propose tout une liste d’activité.

Ne pas laisser place au vide car quand un dépendant n’a rien à faire, il pense consommation. 

Se tenir occupé, c’est aussi trouver de nouvelles activités qui sont plaisante. C’est important car arrêter de consommer et vivre abstinent, c’est avoir une nouvelle vie.

La prière et la méditation

Même si on est athée, il suffit de voir la prière comme un mantra qui canalise son esprit sur autre chose. Et méditer permet de retrouver sa sérénité et c’est aussi porter son attention sur les solutions au lieu de penser consommation.

Voici une prière qui aide à retrouver sa sérénité quand on l’a perdu:

Mon Dieu, donne-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux changer.
Le courage de changer les choses que je peux.
Et la sagesse d’en connaître la différence.

On peut méditer avec cette prière. Quelles sont les choses dont on n’a aucun contrôle ? Que changer ? Comprendre la différence entre ce que l’on doit accepter et savoir ce qui est possible de changer.

Si le dépendant est athée, il peut voir cette prière comme un mantra ou une réflexion sur a situation présent pour trouver une solution.

Ensuite, il y a la méditation. Méditer, c’est orienter son esprit sur le présent. C’est apprendre à se sentir plus en paix.

Comment méditer ? Il est possible de méditer en groupe ou en solo à la maison. Pour méditer à la maison, on peut s’aider d’applications sur son smartphone par exemple.

On médite en se concentrant sur le souffle qui permet de canaliser son esprit sur le présent. Car revenir ici et maintenant permet de revenir sur sa décision d’être abstinent.

On ne peut pas changer ce qu’il s’est passé hier. Et le futur n’existe pas encore. Revenir à l’instant présent, c’est retrouver son pouvoir car on reste abstinent dans le présent.

C’est ainsi que la méditation peut aider le dépendant.

Que faire en cas d’envie extrême de consommer 

Pour commencer, il faut avoir des personnes ressources autour de soi avec qui parler quand on a envie de consommer. C’est la raison pour laquelle les fraternités Alcooliques Anonymes et les Narcotiques Anonymes proposent d’échanger leurs numéros de téléphone entre dépendant.

Surtout entre nouveaux membres et les membres qui ont arrêté depuis un certain temps.

Comme il a été dit dans cet article, la dépendance est une maladie mentale. Donc, le dépendant ne raisonne plus quand il a envie de consommer. Téléphoner à quelqu’un permet de revenir à la réalité et fait passer l’envie de consommer. L’autre est là pour nous ramener à la raison.

Ensuite, il est important de faire ceci:

  • Rester abstinent quart d’heure par quart d’heure.
  • Faire quelque chose pendant ce temps-là. Par exemple, faire la vaisselle. Et se concentrer sur ce que l’on fait.

Il faut savoir que l’envie de consommer ne dure pas. Elle dure de 5 minutes à un quart d’heure. L’envie passe. Donc, en tenant le coup pendant cette forte envie de consommer en se concentrant sur quelque chose à faire permet de traverser cette envie sans aller consommer.

C’est une clé. Mais ce qui est positif, c’est que les envies de consommer diminuent avec le temps. Ce n’est pas éternel.

Les fonctions du toxique

C’est quelque chose qui est travaillé en thérapie. Du côté de la post-cure comme du côté d’un psychothérapeute.

Pour arrêter de consommer, il faut savoir pourquoi on consomme. En identifiant les fonctions du toxique, on en apprend plus sur soi-même et on apprend à faire autrement.

Voici des exemple des fonctions du toxique:

  • Anesthésier ses émotions. Notamment la colère.
  • Fuir.
  • Surmonter les aléas de la vie.
  •  Etc…

Identifier ce qui vous poussent à consommer permet de savoir ce qu’il faut changer. C’est, par exemple, apprendre à gérer ses émotions ou encore accepter les aléas de la vie comme des problèmes de couple, un deuil, la perte de son emploi etc…

Donc, quand le dépendant a envie de consommer, voici deux questions à se poser:

  • Pourquoi ai-je envie de consommer ?
  • Comment faire autrement ?

En répondant à ces questions, cela permet d’identifier quel est la fonction du toxique dans ce moment où l’envie de consommer se présente. Avec la deuxième question, le dépendant réagit et répond autrement qu’en allant consommer.

Voici un article assez long mais qui regroupe ce qu’il faut savoir pour sortir d’une addiction. Dire que cela est facile non. C’est certainement très difficile au début. Mais, l’abstinence paie. Le dépendant se reconstruit une vie où le bonheur a aussi sa place. Car la consommation de drogues et d’alcool enlève tout dans la vie du dépendant.

Il faut se donner une chance de s’en sortir et retenir ceci: des millions de dépendants ont réussi à sortir de leur dépendance. Donc, il est possible de sortir de sa dépendance et d’aller vers la vie.

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