Un deuil à faire


Aujourd’hui, j’ai rendez-vous avec ma psychiatre et je vais lui parler du dosage de mon neuroleptique (le zyprexa). Car hier, j’ai pris deux comprimés (soit 20mg) et j’ai bien dormi. Mais, je me sens fatiguée et j’ai du mal à bouger.

Cependant, je me suis réveillée en me disant: Najia, tu dois faire le deuil de celle que tu as été. Une fille active, qui se sentait bien au réveil, pas trop maigre et pas trop grosse (les médicaments m’ont sacrément faire prendre du poids) et capable de travailler… Bref, comme tout le monde.

Mais, je m’emprisonne seule dans une certaine vision du monde et dans le fait que je vis dans une société qui attend de tout le monde d’être productif. Ors ça, je ne le suis plus depuis déjà un certain temps. Et je dois faire le deuil de cette fille-là justement.

Apprendre à accepter celle que je suis devenue aujourd’hui. Evidemment, il n’y a pas que la prise de mon traitement qui me rend amorphe. Et bien sûr sans traitement, je sombrerai à nouveau dans la folie.

Oui, je sais que j’ai besoin d’un traitement pour me soigner. Et oui… je ne suis plus comme Monsieur, Madame tout le monde. C’est ça qui me chagrine pour le moment mais une petite voix me souffle: Najia, rien n’est immuable. Tout change sur Terre.

Il y a des choses qui sont la base d’une vie sur Terre et qui se répète (comme boire et dormir). Et puis, il y a une panoplie de choses qui bougent en permanence. Le travail, la famille qui s’agrandit ou au contraire qui se disloque, le logement, les amis etc…

Mes amis de ce jour ne sont pas mes amis d’il y a 20 ans. Enfin pour une amie oui. On se connaît depuis 22 ans maintenant. Mais, je n’ai plus de lien avec mes amis d’adolescence car chacun a continué sa route.

D’un côté, je devrais être contente. Je ne suis pas dans un hôpital psychiatrique. Je ne suis pas dans une dépression nerveuse sévère. Je ne suis pas non plus dans une phase hypomane ou maniaque.  Je suis quand même assez stable.

Mais ce qui me chiffonne, c’est que j’adore colorier des mandala (et pas que ça) et là, je n’arrive plus depuis un certain temps. Du coup, la question que je me pose est à quoi c’est dû ? Comment se fait-il qu’il m’est impossible de me concentrer pendant 15 minutes sur une activité ? Et ça, je vais le demander à ma psychiatre. Car peut-être que ça ne vient pas de mon neuroleptique. Je n’en sais rien et là, je capitule.

Cependant, pour revenir au titre de cet article, je me dis qu’il faut que je regarde la réalité en face et que je sorte du monde imaginaire de Petite Najia pour qui tout doit être organisée, réussi et que tout doit bien aller. Une vision qui est peut-être erronée par rapport à la réalité et à ce qu’est réellement la vie.

Sur Terre, on vit maintenant dans un monde qui prône Le Travail et je me dis que le travail de nos jours est l’esclavagisme d’hier. Que c’est mal vu de ne pas travailler (et pas seulement pour une question d’argent).

Les femmes se sont battues pour avoir le droit de travailler comme les hommes. Avec l’effet qu’elles ont eu alors deux travail à temps plein: travailler pour une entreprise et s’occuper de tout à la maison. Car la répartition des tâches ménagères est encore à ce jour inégale entre l’homme et la femme.

Pourtant, dans mon monde intérieur, les choses pourraient se calmer si je vais sur la voie de l’acceptation.

  • Accepter celle que je suis devenue après 15 ans dans l’enfer de la toxicomanie.
  • Accepter la bipolaire (mais qui se soigne et qui heureusement est stable)
  • Accepter mon impuissance à gérer ma vie du mieux que je peux
  • Accepter l’imperfection

En fait, c’est peut-être ça le nœud du problème: m’accepter en tant qu’être humaine imparfaite et peut-être comme Monsieur, Madame tout le monde…

Sortir de ma tête qui imagine ce que devrait être ma vie et accepter ce qu’est réellement ma vie. Accepter ce que je suis réellement car l’acceptation est la voie de la sérénité.

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